La Toussaint tombe cette année le dimanche 1er novembre, et comme chaque automne, les étals des jardineries et des producteurs se couvrent de chrysanthèmes. C’est maintenant que tout se joue : l’essentiel des achats de végétaux pour la Toussaint se fait en octobre. Si vous comptez fleurir une tombe ou simplement garnir vos jardinières d’automne, voici comment choisir des potées qui tiendront jusqu’aux premières vraies gelées, et au-delà.
Les points :
Le chrysanthème, toujours la fleur reine de la Toussaint #
Les chiffres du dernier bilan officiel de la filière horticole sont sans appel : selon l’étude Kantar publiée par FranceAgriMer et Val’hor, 4 millions de foyers français, soit 13,8 % des ménages, ont acheté des fleurs ou des plantes pour la Toussaint en 2024, pour un chiffre d’affaires de 124 millions d’euros. Le chrysanthème écrase la concurrence avec 64 % des achats, loin devant les pensées (12 %) et les bruyères (9 %).
Le même bilan note que 85 % de ces achats se font en octobre, et que le budget moyen par foyer acheteur s’établissait à 29,40 €, en recul par rapport aux 33 € de 2023. Les jardineries et libres-services agricoles concentrent 28 % des achats, la grande distribution 25 % et les fleuristes 17 %. Autrement dit : c’est cette semaine et la suivante que les plus beaux sujets partent.
Bien choisir sa potée : les boutons avant tout #
La première règle, valable chez le producteur comme en jardinerie : préférez une plante couverte de boutons encore fermés plutôt qu’une potée déjà tout en fleurs. Les fleurs ouvertes en magasin sont autant de jours de floraison perdus une fois la plante installée dehors. Un guide d’achat publié par Infos Yvelines recommande aussi de vérifier la densité et la santé du feuillage, et de privilégier quand c’est possible des plantes cultivées en plein champ localement : elles sont aguerries au froid et tiennent mieux qu’un sujet sorti de serre chauffée.
Côté formes, tout existe : grosses têtes spectaculaires, multiflores en boule, coupes et jardinières composées. Les multiflores, plus ramifiés, encaissent mieux la pluie et le vent qu’une grosse tête unique, dont la fleur gorgée d’eau finit par plier la tige.
Des variétés qui restent au jardin
On l’oublie souvent : certains chrysanthèmes sont de vraies vivaces rustiques, capables de passer l’hiver en pleine terre et de refleurir chaque automne. Le même guide cite notamment les variétés Rubellum, Goldmarianne et Sheffield Pink, qui tolèrent le gel. Plantées en massif après la Toussaint, elles transforment un achat de circonstance en pensionnaire durable du jardin.
Faire durer la floraison jusqu’en décembre #
Une potée de chrysanthème bien menée peut rester belle six à huit semaines. L’arrosage est le point sensible : modéré, une à deux fois par semaine, en laissant sécher la surface du terreau entre deux apports, et toujours sans mouiller le cœur de la plante. Un excès d’eau fait pourrir les tiges bien plus sûrement qu’un coup de sec.
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Retirez les fleurs fanées au fur et à mesure : ce nettoyage stimule l’ouverture des boutons restants et évite que les pétales décomposés ne tachent le feuillage. Placez les pots à l’abri du vent dominant, et si une gelée marquée s’annonce, couvrez d’un voile d’hivernage pour la nuit — les boutons fermés y sont plus sensibles que les fleurs ouvertes.
Sur une tombe, pensez à l’après #
Au cimetière, surélevez légèrement le pot ou percez bien la coupe : l’eau de pluie stagnante est l’ennemie numéro un des compositions de Toussaint. Et si vous ne pouvez pas repasser régulièrement, les alternatives montent en puissance chez les producteurs : bruyères, pensées et cyclamens, plus endurants sous la pluie, accompagnent de plus en plus souvent le chrysanthème dans les compositions.
Reste que pour quelques euros de plus qu’un bouquet coupé, une belle potée de chrysanthème offre un mois et demi de couleur au moment où le jardin s’éteint. C’est, au fond, ce qui explique que la tradition tienne si bien : peu de plantes en donnent autant en novembre.




